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Premier séjour en pension pour chat : comment bien préparer ses vacances !

Tiffany DAHAN
il y a 1 jour
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 8 heures

Une dame regarde son chat sortir tranquillement de sa caisse


Je mets mon chat en pension pour la première fois...

Va-t-il se croire abandonné ? Va-t-il se cacher toute la semaine ? Va-t-il se laisser mourir de faim ? Va-t-il me reconnaître à mon retour ?

Va-t-il m’en vouloir ?? M’aimera-t-il seulement encore ???


Et puis... faut-il apporter son panier, ses jouets, sa fontaine et le canapé du salon ?


Comment préparer au mieux le premier séjour en garderie de votre chat ? J’essaye dans cet article de fournir des éléments de réponse objectifs en vous décrivant le séjour de votre loulou dans ma pension pour chats à Saint-Nazaire.


Comportementaliste féline diplômée et titulaire de l'ACACED, je m'appuie à la fois sur mon expérience de pension et sur les recommandations actuelles en matière de bien-être félin.

Rassurez-vous, un chat n'a pas besoin de « réussir » sa pension en trois jours. Il a besoin de repères, de choix et d'une surveillance adaptée.



Avant le séjour : préparer des repères, pas un déménagement



Pour son premier séjour en pension pour chat (et pour les suivants d'ailleurs), l'objectif n'est pas de recréer votre salon au centimètre près, mais de me transmettre les informations et les objets qui comptent vraiment pour lui.


Identification, contrat, santé : les indispensables administratifs


Votre chat doit être pucé ou a minima posséder un carnet de santé. Pendant la garde, je dois aussi pouvoir présenter s'il y a lieu les ordonnances des traitements en cours.

Merci de me signaler toute maladie chronique, opération récente, perte de poids, changement d'appétit ou traitement en cours.


Côté vaccins, votre matou doit être protégé contre la panleucopénie féline (typhus) et la leucose (FeLV).

Le bon réflexe : vérifier suffisamment tôt avec votre vétérinaire ce qui convient à votre chat et les conditions d'admission de la pension.


Merci de consulter l'intégralité du règlement de la pension.


Premier séjour en pension pour chat : qu'apporter (d'utile) ?


Mon favori est souvent un simple linge qui sent la maison. Les recommandations félines AAFP/ISFM insistent sur l'importance des odeurs familières et des cachettes. Un plaid, une petite couverture ou un vêtement portant une odeur connue peut donc être un super repère.


Selon l'hébergement et votre chat, nous pouvons aussi prévoir son couchage, une gamelle ou fontaine familière, un jouet ou un petit équipement qu'il utilise vraiment.

Place aux objets utiles, pas aux valises qui laissent penser que Minou part refaire sa vie à l'étranger.


Alimentation et médicaments : mieux vaut garder les habitudes


Si vous avez un chaton, apportez ses croquettes, car celles de la pension sont pour chats stérilisés. Vous pouvez apporter l'alimentation habituelle de votre chat, avec les quantités et le rythme de repas. La pension peut aussi fournir des croquettes Eukanuba pour chat stérilisé. Je préfère éviter un changement alimentaire brutal au moment même où tout le reste change déjà.


Si votre chat suit un traitement, apportez les médicaments dans leur emballage, en quantité suffisante, avec l'ordonnance en cours et le matériel nécessaire.


Lorsque la prise du médicament est difficile avec une personne inconnue (moi), je propose exceptionnellement un séjour test de trois jours pendant lesquels vous passez administrer le traitement en ma présence, pour que votre chat s’habitue.



Pendant le séjour : j'observe le chat, pas le chrono


Chez Mimi, le changement d'environnement peut provoquer de la prudence, de l'inhibition ou une phase d'observation. La fameuse période de trois jours vaut à titre indicatif. Aucune minuterie ne sonne au bout de 72 heures pour annoncer : « Mimi est adapté. Ou pas. ».

Certains explorent vite ; d'autres prennent plus de temps. L'âge, la santé, les expériences antérieures, le tempérament et ce qui se passe autour d'eux comptent.


Le jour J, je lui rends du contrôle dès que possible


À l'arrivée, j’installe d’abord votre chat dans son hébergement avant de prolonger mon échange avec vous. Une caisse de transport est pratique pour voyager mais nettement moins comme salle d'attente pendant que nous débattons du grammage des croquettes.


Le premier jour et tout le reste du séjour, je lui laisse la possibilité d'observer, de se cacher, de prendre de la hauteur et de venir au contact s'il le souhaite.


Mimichat doit pouvoir se familiariser avec son environnement avant de se familiariser avec moi.

Les recommandations mettent précisément en avant ces éléments : une zone sûre, des cachettes, des hauteurs, des ressources séparées et le respect du choix dans l'interaction.



Un chat caché n'est pas un séjour raté


Une dame divertit un chat qui regarde dans le jardin


Je passe voir tous mes petits pensionnaires au minimum trois fois par jour, mais je ne force aucun à sortir de sa cachette pour me rassurer - ou pour vous rassurer.

Se cacher peut être une stratégie de mise à distance. Tant que je peux assurer correctement son suivi, je lui laisse l’initiative de la prise de contact.


À l'inverse, si votre chat explore, joue ou recherche les caresses, hop ! Je déboule avec jeux et papouilles !

L’objectif n'est pas de proposer la même quantité de contact à tous mais de proposer ce qui convient à chacun.


Chat en garde : pourquoi surveille la gamelle et la litière


L’hébergement individuel facilite l’observation de précieuse informations : je sais ce que votre loulou a mangé, bu et éliminé. Je peux surveiller son appétit, ses urines, ses selles (couleur, odeur et consistance) et son comportement.

Je peux donc réagir immédiatement en cas de problème, car les autres signes de mauvaise santé peuvent être beaucoup plus discrets (apathie, fièvre...etc.).


Concernant l’appétit, il peut arriver que des chats refusent de manger lorsqu'ils arrivent, sous l'effet du stress.


Si ce manque d'appétit persiste autour de 48 heures, je lance le plan d'action anti-faim ! Je déballe différents aliments très appétents, n'hésitez pas à me dire s'il aime le thon, le jambon ou autre, c'est très utile dans ce genre de cas. Si rien ne lui dit malgré tout, je suis le protocole sanitaire établi avec ma véto.


En effet, si au bout de 2 jours, votre chat ne mange pas mais se laisse approcher et qu’une prescription vétérinaire prévoit un stimulant de l'appétit, je l’administre conformément au protocole. Il s’agit souvent d’une minuscule noisette de Mirtazapine sur l'oreille. Cette crème a la particularité, chez le chat, de relancer l'appétit.

Enfin, si cela ne suffit pas, direction le vétérinaire, car ce refus de nourriture peut cacher un problème de santé. 


J'escalade plus tôt si le profil ou des signes associés le justifient. Chaton, senior, diabétique ou chat malade : un même symptôme n’implique pas un même niveau d'urgence.


Et les phéromones ? Baguette magique ou gadget inutile ?


Je ne dirais pas qu'un diffuseur de phéromones ne sert à rien. Certaines études montrent l’amélioration de certains marqueurs de stress, tandis que d’autres soulignent des limites et des résultats variables selon les contextes.


Mon avis : un analogue de phéromone (phéromone artificielle) peut être un outil complémentaire, mais jamais un substitut à un environnement adapté, aux cachettes, au calme et aux interactions respectueuses.


Si j’estime des phéromones profitables à votre chat, ce sera dans l’herbe à chat, car elle est plus fortement dosée que dans les diffuseurs.


Stimulation : proposer et laisser votre chat décider


Nos hébergements donnent sur le jardin et notre petite ménagerie naturelle. Certains chats observent volontiers les papillons, oiseaux, poules ou mes allées et venues. D'autres préfèrent davantage de retrait. Je propose toutes sortes de jeux alimentaires, cartons, balles, souris, tunnels, cachettes, caresses ou simple présence selon le chat.


Je pense que vous l’avez compris : je ne force jamais un chat, car le stress est contre-productif.

Une stimulation n'est profitable que si elle convient à votre animal et s'il est libre de s'en éloigner. Le jardin peut être un Netflix pour chat, mais il doit avoir la télécommande.



Donner des nouvelles, oui. Jouer au paparazzi, non


Une dame photographie son chat qui part en pension

J’essaye de donner environ deux nouvelles directes par semaine et je publie aussi sur les réseaux lorsque la situation s'y prête et que j’ai le temps.


Je ne photographie pas systématiquement mon nouveau pensionnaire dès son arrivée. Si votre chat est en pleine observation ou retrait, le mitrailler avec un téléphone sous le museau pour vous envoyer « la photo qui rassure » est une sollicitation dont il se passerait bien.


Une photo floue prise sans le bousculer ou le harceler vaut mieux qu'un portrait parfait tiré sous la contrainte. Mais certains adorent l’exercice !



Après la pension : retrouver la maison sereinement


Fin des vacances pour Félix ! On boucle ses valises et je vous fais un bilan : alimentation, litière, comportement, adaptation et éventuels soins. Je peux même vous proposer des marque-pages à son effigie !


De retour chez vous, laissez votre chat sortir de sa caisse à son rythme et redécouvrir ses repères. S'il vient chercher du contact, profitez-en. S'il préfère réinspecter les lieux avant votre gros câlin, ne le prenez pas perso !


Je conseille aussi de ne pas le laisser sortir dehors les premières heures après son retour, le temps qu'il remette ses odeurs chez lui. 


Mon chat est distant au retour : m’en voudrait-il ?


De retour chez lui, votre chat peut être plus distant, miauler davantage ou dormir beaucoup. Cela ne veut pas dire qu’il boude !


Perso, je regarde le contexte : retour des odeurs familières, niveau d'activité, alimentation, éliminations et durée du changement. Si un comportement inhabituel persiste, s'aggrave ou s'accompagne d'un signe de santé, le bon interlocuteur est le vétérinaire.


Un premier séjour très court est-il une bonne idée ?


Dans ma pratique, je déconseille fortement (sauf exception) un premier séjour de moins de trois jours, car ce laps de temps ne correspond généralement qu'à une période d’adaptation. Cependant, c'est un choix professionnel issu de mon expérience, pas une loi biologique selon laquelle tous les chats ont besoin de trois jours pile.



Le récap’ : préparer ce qui compte et observer


  • Avant le séjour, je sécurise les informations utiles relatives à sa santé et ses habitudes.


  • Pendant le séjour, j'observe sans imposer de calendrier : appétit, litière, activité, cachettes, interactions et façon dont votre chat utilise son environnement.


  • Je passe au moins trois fois par jour le voir, nettoyer et réapprovisionner. Je passe aussi administrer les éventuels traitements, soins et douceurs(lien) que vous avez choisis pour lui (brossage, coupe des griffes, massage, smoothie…). En somme, j’entretiens tout mon petit monde et dispense généreusement câlins et caresses à ceux qui en veulent.


  • À votre arrivée, je vous transmets mes observations.


  • Chez vous, vous laissez votre compagnon retrouver sa routine à son rythme.


Un premier séjour réussi ne se mesure donc pas au nombre de photos où votre chat pose en souriant ! Il se mesure à la qualité de l'observation, à la capacité d'ajuster et au respect de l'individu.


Si vous avez d'autres questions, laissez-moi un commentaire ! 🐾





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